# Guide complet des seuils de porte en PVC : types, performances et critères de choix

Le seuil de porte en PVC représente bien plus qu’un simple élément de finition. Cette pièce technique discrète assure des fonctions cruciales pour le confort, la durabilité et les performances énergétiques de votre menuiserie extérieure. Entre étanchéité à l’eau, isolation thermique, accessibilité et conformité aux normes en vigueur, le choix du bon seuil conditionne directement la qualité globale de votre installation. Que vous soyez en phase de construction neuve, de rénovation ou simplement en recherche d’informations pour un projet futur, comprendre les différents types de seuils disponibles, leurs spécificités techniques et leurs domaines d’application vous permettra de faire un choix éclairé. La diversité des solutions actuelles reflète la multiplicité des contraintes architecturales, climatiques et réglementaires auxquelles une porte d’entrée doit répondre aujourd’hui.

Seuil plat encastré : la solution pour l’accessibilité PMR

Le seuil plat encastré, également appelé seuil zéro ou seuil affleurant, représente aujourd’hui la référence en matière d’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite. Cette solution technique élimine presque totalement la rupture de niveau entre l’intérieur et l’extérieur du bâtiment, facilitant ainsi le passage des fauteuils roulants, déambulateurs, poussettes et même des personnes ayant simplement des difficultés à franchir un obstacle. Dans les faits, un seuil affleurant bien conçu ne présente qu’une différence de niveau inférieure à 2 cm, souvent réduite à quelques millimètres seulement. Cette configuration représente un véritable défi technique puisqu’elle doit concilier accessibilité maximale et étanchéité absolue face aux intempéries.

Conformité aux normes NF P01-012 et réglementation handicap

La norme NF P01-012 établit le cadre réglementaire précis pour l’accessibilité des bâtiments aux personnes handicapées. Selon cette référence, un seuil de porte est considéré comme accessible lorsque sa hauteur n’excède pas 2 cm, avec un chanfrein à 33% sur les deux côtés pour adoucir la transition. Dans les établissements recevant du public (ERP) et les logements neufs destinés à la location, cette exigence devient obligatoire. Pour les maisons individuelles, bien que la contrainte soit moindre, l’adoption d’un seuil PMR constitue un investissement d’avenir : elle facilite le maintien à domicile en cas de perte de mobilité et augmente la valeur du bien immobilier. Les professionnels estiment qu’environ 30% des portes d’entrée installées aujourd’hui intègrent désormais cette caractéristique d’accessibilité, une proportion en constante augmentation.

Installation du seuil affleurant avec rupture de pont thermique

L’installation d’un seuil plat encastré nécessite une préparation minutieuse du support. La chape doit être parfaitement plane et horizontale, avec une pente d’évacuation dirigée vers l’extérieur pour éviter toute stagnation d’eau. Le dormant de la menuiserie PVC vient alors s’encastrer dans une réservation préalablement aménagée lors du coulage du sol. Cette configuration permet d’intégrer la rupture de pont thermique directement dans la continuité de l’isolation du bâtiment. L’utilisation d’un

polyamide renforcé ou d’un noyau isolant permet de couper la transmission du froid entre la face extérieure et la face intérieure du seuil. En pratique, on obtient ainsi un « pont thermique cassé » dans la continuité de la menuiserie PVC, ce qui limite fortement les déperditions au droit de la porte. Lors de la pose, il est essentiel de soigner le réglage de la porte pour que le joint balai ou le joint automatique vienne comprimer correctement la surface d’appui du seuil, sans frottement excessif. Une mauvaise compression ruinerait en quelques millimètres tous les bénéfices de cette technologie de seuil affleurant avec rupture de pont thermique.

Compatibilité avec les menuiseries PVC à rupture de pont thermique

Pour tirer pleinement parti d’un seuil plat encastré, il doit être compatible avec le système de menuiserie PVC choisi. Les gammes récentes de portes d’entrée en PVC intègrent des profilés multichambres et, pour certaines, des inserts spécifiques renforçant encore la performance thermique. Le seuil vient alors s’emboîter dans le dormant bas via des chambres prévues à cet effet, garantissant une continuité parfaite des joints et des plans d’appui. Vous évitez ainsi les « bricolages » de chantier qui créent des discontinuités d’isolation et des points faibles en étanchéité.

Les fabricants sérieux précisent dans leurs fiches techniques la liste des seuils compatibles avec chaque système de porte PVC. Avant de commander, il est donc indispensable de vérifier ce point avec votre menuisier ou votre fournisseur, surtout en rénovation où l’on peut être tenté de conserver un dormant existant. Une incompatibilité se traduit souvent par des jeux excessifs, des reprises de silicone peu durables ou une absence de reprise des efforts mécaniques. À l’inverse, un couple porte PVC + seuil affleurant étudié comme un ensemble permet d’atteindre des niveaux de performance certifiés, qu’il s’agisse du coefficient thermique Ud ou de la classification à l’air et à l’eau en banc d’essai.

Drainage et évacuation des eaux pluviales sur seuil zéro

Comment concilier seuil « zéro » et fortes pluies battantes sans risquer les infiltrations ? La réponse tient en une combinaison de micro-détails : pente de la terrasse ou du palier, rigoles de drainage, barrette d’étanchéité et joints périphériques. La plupart des seuils plats encastrés intègrent des gorges de récupération et des chambres de drainage qui renvoient l’eau vers l’extérieur, sous la porte. On crée ainsi un chemin contrôlé pour l’eau, exactement comme un caniveau discret, plutôt que de la laisser chercher son passage au hasard sous le dormant.

Dans les zones fortement exposées (façade nord, bord de mer, pluie fréquente), il est pertinent d’ajouter une grille de drainage ou un caniveau linéaire devant le seuil en PVC. Cette disposition limite la pression de l’eau au droit de la porte et prolonge la durée de vie des joints. Le DTU 36.5 comme les avis techniques des fabricants rappellent d’ailleurs que le succès d’un seuil zéro dépend autant du produit que de son environnement immédiat : pente minimale de 1 à 2 %, absence de stagnation et relevés d’étanchéité correctement raccordés. En résumé, un seuil encastré bien drainé fonctionne comme un parapluie invisible : il ne se voit presque pas, mais c’est lui qui vous garde au sec.

Seuil à rejingot : étanchéité renforcée contre les infiltrations

À l’opposé du seuil affleurant, le seuil à rejingot assume une légère surélévation pour mieux stopper l’eau et les projections. Très présent en maison individuelle traditionnelle ou en région fortement exposée au vent et à la pluie, ce type de seuil pour porte PVC repose sur un principe simple : créer une marche minimale mais franche, contre laquelle viennent s’appuyer les joints de la menuiserie. Le rejingot maçonné ou intégré au dormant forme une butée étanche, tandis que le profil de seuil PVC ou aluminium guide l’eau vers l’extérieur grâce à sa pente.

Ce dispositif est particulièrement apprécié pour les portes-fenêtres donnant sur terrasse, les accès secondaires ou les façades non abritées. Il offre une sécurité supplémentaire contre les remontées capillaires et les eaux de ruissellement qui s’accumulent au pied des façades. Vous vous demandez si ce léger ressaut est compatible avec le confort au quotidien ? Tout est question de dimensionnement et de finition : un rejingot conforme au DTU 36.5, associé à une bavette aluminium bien conçue, reste parfaitement praticable, tout en protégeant efficacement la menuiserie PVC.

Hauteur du rejingot selon le DTU 36.5 pour menuiseries extérieures

Le DTU 36.5, qui encadre la mise en œuvre des menuiseries extérieures en France, fixe des recommandations précises concernant la hauteur et la forme du rejingot. En règle générale, on vise une hauteur comprise entre 25 et 40 mm au-dessus du niveau fini extérieur, avec une pente dirigée vers l’extérieur. Cette cote permet de créer une réserve suffisante pour les joints et l’éventuelle bavette, tout en limitant les risques de débordement lors de fortes pluies. Pour les portes en PVC, ces valeurs sont adaptées afin de respecter à la fois la géométrie du dormant et les contraintes d’accessibilité.

Il est important de noter que cette hauteur de rejingot doit être pensée en coordination avec les revêtements de sol intérieur et extérieur. Un carrelage épais, une terrasse sur plots ou un enrobé bitumineux peuvent modifier les niveaux réels une fois les travaux terminés. Une bonne pratique consiste à réaliser un plan de coupes coté avant le chantier, en intégrant toutes les épaisseurs de matériaux, pour garantir que la porte PVC et son seuil se retrouveront à la bonne hauteur par rapport au rejingot. C’est ce travail préparatoire qui fait la différence entre une entrée confortable et un point bas sujet aux infiltrations.

Système de double barrière avec bavette aluminium

Pour renforcer encore l’étanchéité d’un seuil à rejingot, de nombreux systèmes de portes PVC adoptent une double barrière eau/air. Concrètement, on associe un premier joint de compression au droit du rejingot et une bavette aluminium fixée sur le dormant bas ou l’ouvrant. Cette bavette, parfois appelée « larmier », crée une seconde ligne de défense : elle récupère les gouttes résiduelles et les renvoie vers l’extérieur, en surplomb du rejingot. Le principe ressemble à celui d’un casquette de fenêtre : on éloigne mécaniquement l’eau des zones sensibles.

Dans les systèmes les plus aboutis, cette bavette est clipsée ou vissée dans une gorge prévue à cet effet sur le profil PVC, ce qui évite les fixations aléatoires et les points de corrosion. Elle peut également être anodisée ou thermolaquée pour s’harmoniser avec la teinte de la porte ou des menuiseries alu voisines. En rénovation, la mise en place d’une bavette aluminium sur un seuil PVC existant constitue souvent une amélioration simple et efficace pour corriger des problèmes d’infiltration légère. Il suffit de respecter les préconisations du fabricant en matière de perçage, de fixation et de jointoiement pour garantir la continuité de l’étanchéité.

Pente d’écoulement et relevé d’étanchéité intégré

Un seuil à rejingot performant ne se limite pas à une simple marche : c’est un profil étudié pour guider et évacuer l’eau. La surface d’appui visible côté extérieur présente une pente d’écoulement, généralement comprise entre 5 et 10 %, qui renvoie naturellement l’eau vers l’extérieur du bâtiment. Cette pente, parfois peu visible à l’œil nu, joue un rôle crucial pour éviter les stagnations et les flaques au droit de la porte. Comme pour un toit ou une terrasse, quelques degrés d’inclinaison suffisent à faire la différence entre une zone sèche et une zone humide en permanence.

À cette pente s’ajoute souvent un relevé d’étanchéité intégré au profil de seuil ou au rejingot. Il s’agit d’un petit retour vertical ou d’une gorge recevant un mastic élastomère ou une bande d’étanchéité. Ce relevé crée une barrière continue entre la maçonnerie, l’isolant et le bas de la menuiserie PVC. En cas de ruissellement important, l’eau est bloquée avant d’atteindre les couches sensibles du mur ou de la chape. On retrouve ici le même principe que pour le relevé d’étanchéité d’une douche à l’italienne : on empêche tout simplement l’eau de « remonter » par capillarité derrière l’élément posé.

Association avec bande d’étanchéité bitumineuse ou membrane EPDM

Pour assurer une protection durable autour d’un seuil à rejingot, les professionnels complètent systématiquement le dispositif par une bande d’étanchéité bitumineuse ou une membrane EPDM. Ces produits souples se collent sur le support maçonné, puis remontent sur la menuiserie PVC selon les schémas de pose du fabricant. Ils forment une cuvette étanche continue, prête à recevoir le seuil et les revêtements de sol. C’est un peu l’équivalent d’un bac de douche sous carrelage : on crée une barrière indépendante des finitions, qui reste active même si un joint de carrelage venait à se fissurer.

Les bandes bitumineuses sont souvent privilégiées en rénovation ou sur support béton, tandis que les membranes EPDM, plus souples et durables, séduisent sur les chantiers neufs ou les constructions à ossature bois. Dans tous les cas, l’adhérence, la compatibilité avec les matériaux en présence et le respect des recouvrements minimum sont essentiels. Un chevauchement insuffisant ou un angle mal traité devient une voie royale pour les infiltrations. En prenant le temps de soigner ces détails, vous maximisez la longévité du seuil PVC, mais aussi celle de l’isolant et des finitions autour de la porte.

Seuil à rupture de pont thermique : performance énergétique optimisée

Au-delà de l’accessibilité et de l’étanchéité, le seuil de porte en PVC joue un rôle clé dans la performance énergétique globale de la menuiserie. Le point bas de la porte est en effet soumis à de fortes contraintes : contact direct avec l’air extérieur, avec le sol (souvent plus froid) et avec des matériaux de nature différente (béton, carrelage, isolant). Sans dispositif spécifique, cette zone se comporte comme une « fuite de chaleur » permanente, même si le reste de la porte affiche d’excellentes performances. C’est là qu’intervient le seuil à rupture de pont thermique, qui vient couper la transmission du froid entre l’extérieur et l’intérieur.

Dans une approche globale de rénovation énergétique, ce type de seuil pour porte PVC s’impose comme un allié discret mais déterminant. Les quelques dixièmes de point gagnés sur le coefficient thermique peuvent sembler modestes sur le papier, mais ils se traduisent concrètement par une sensation de sol moins froid, une réduction des condensations locales et une meilleure homogénéité de température dans le hall d’entrée. En d’autres termes, le confort ressenti au quotidien progresse, souvent bien au-delà de ce que les chiffres laissent deviner.

Coefficient thermique ud et certification acotherm pour portes PVC

La performance thermique d’une porte (ouvrant + dormant + seuil) est caractérisée par le coefficient Ud, exprimé en W/m².K. Plus ce coefficient est faible, meilleure est l’isolation. Les portes PVC actuelles, dotées de vitrages performants et de profilés multichambres, peuvent atteindre des Ud inférieurs à 1,3 W/m².K lorsque le seuil à rupture de pont thermique est correctement intégré. Cette valeur contribue directement à l’obtention d’un label énergétique performant pour la maison, notamment dans les constructions neuves conformes à la RE2020 ou dans les rénovations BBC.

La certification Acotherm complète cette approche en associant performances thermiques (indice Th) et acoustiques (indice Ac). Un seuil bien conçu participe aux deux : en limitant les fuites d’air, il améliore à la fois l’isolation au froid et la réduction des bruits extérieurs. Choisir une porte PVC certifiée Acotherm avec un seuil à rupture de pont thermique, c’est donc s’assurer que l’ensemble a été testé en laboratoire et non pas seulement annoncé sur catalogue. Cette donnée est particulièrement utile pour comparer des offres de devis et justifier d’un niveau de qualité auprès d’un organisme de financement ou d’un bureau d’étude thermique.

Insert en polyamide renforcé fibre de verre

Techniquement, la rupture de pont thermique d’un seuil pour porte PVC est obtenue grâce à un insert en polyamide renforcé fibre de verre ou à un matériau isolant équivalent. Cet insert, placé entre les parties extérieures et intérieures du profil en aluminium (lorsque le seuil est mixte alu/PVC), agit comme une barrière qui freine la conduction de chaleur. On peut l’imaginer comme un « joint isolant » qui sépare deux pièces métalliques, exactement comme on intercale un gant entre la main et une casserole chaude pour ne pas se brûler.

La nature de ce polyamide et la largeur de l’insert influent directement sur la performance obtenue. Plus la zone isolante est épaisse et continue, plus la rupture est efficace. Les fabricants optimisent également la géométrie des chambres internes pour piéger de l’air immobile, excellent isolant naturel. Pour vous, cela se traduit par un seuil qui reste à une température plus proche de celle de la pièce, limitant les sensations de « bande froide » au pied de la porte et les risques de condensation sur les carrelages ou les plinthes voisines.

Impact sur le coefficient uw global de la menuiserie

Le coefficient Uw global d’une menuiserie, qui caractérise la performance d’une fenêtre ou d’une porte-fenêtre, prend en compte l’ensemble des composants : châssis, vitrage, intercalaire et, le cas échéant, seuil. Même si la surface occupée par le seuil est faible par rapport au vitrage, son influence n’est pas négligeable, car il se situe précisément à un endroit stratégique de la paroi. Dans une maison, le bas de la porte est en permanence au contact de l’air le plus froid, celui qui se concentre près du sol. Un seuil non isolé agit alors comme une « trappe » par laquelle les calories s’échappent facilement.

Intégrer un seuil à rupture de pont thermique dans une porte PVC permet d’abaisser légèrement le Uw global, ce qui contribue à respecter les exigences des réglementations thermiques et des labels de performance. Dans un projet de rénovation où l’on remplace plusieurs menuiseries en même temps, ce gain cumulé sur toutes les portes et portes-fenêtres devient significatif. C’est un peu comme corriger un petit défaut d’étanchéité sur plusieurs radiateurs : pris individuellement, l’impact paraît modeste, mais globalement, le confort et la facture énergétique s’en trouvent améliorés.

Seuils aluminium anodisé versus seuils PVC monobloc

Lorsqu’il s’agit de choisir un seuil pour une porte en PVC, une question revient souvent : faut-il privilégier un seuil en aluminium anodisé ou un seuil PVC monobloc ? Les deux solutions présentent des avantages et des limites, et le bon choix dépend du contexte : type de porte, exposition, fréquence de passage, contraintes esthétiques. L’aluminium anodisé se distingue par sa robustesse mécanique, sa stabilité dimensionnelle et sa grande résistance aux chocs et à l’usure. Il supporte particulièrement bien les passages répétés, les chocs de chaussures ou de roulettes, ce qui en fait un excellent candidat pour les entrées principales et les lieux très fréquentés.

Le seuil PVC monobloc, de son côté, séduit par sa continuité matérielle avec la menuiserie et par ses bonnes propriétés d’isolation thermique. Sa surface moins conductrice limite la sensation de froid au contact, ce qui peut être apprécié dans les halls peu chauffés. Il est également plus simple à usiner et à ajuster sur chantier, ce qui représente un atout en rénovation. En revanche, il se montre globalement moins résistant aux chocs ponctuels que l’aluminium et peut se marquer plus facilement en cas de mauvais traitement. Pour un usage intensif, un profil mixte PVC/alu avec rupture de pont thermique constitue souvent un excellent compromis.

Dimensions et profondeurs de pose selon configuration architecturale

Au-delà du matériau et de la technologie, les dimensions du seuil et sa profondeur de pose doivent être adaptées à la configuration architecturale du bâtiment. Une porte d’entrée en PVC posée en maison individuelle neuve n’implique pas les mêmes contraintes qu’une porte de service en rénovation sur bâti existant. Largeur de baie, épaisseur du mur, isolation par l’intérieur ou par l’extérieur, type de sol intérieur : tous ces paramètres conditionnent le choix du profil de seuil, sa largeur apparente et sa hauteur visible. L’objectif reste le même : garantir une bonne étanchéité, une accessibilité satisfaisante et une liaison propre entre intérieur et extérieur.

En pratique, les fabricants proposent des gammes de seuils pour portes PVC déclinés en plusieurs profondeurs, épaisseurs et configurations de recouvrement. Certains profils sont conçus pour « mordre » davantage vers l’extérieur et recevoir un nez de dalle, d’autres au contraire pour rester plus compacts côté intérieur et s’aligner avec un sol existant. Bien dimensionner son seuil, c’est un peu comme choisir la bonne taille de chaussure : quelques millimètres en plus ou en moins peuvent faire la différence entre un confort parfait et une gêne quotidienne.

Seuils pour pose en applique, en tunnel et en feuillure

Les trois grands modes de pose des menuiseries – en applique, en tunnel et en feuillure – impliquent des configurations de seuil différentes. En pose en applique intérieure, fréquente en maison neuve avec isolation thermique intérieure, le dormant de la porte PVC vient se positionner contre le nu intérieur du mur. Le seuil doit alors assurer un recouvrement suffisant vers l’extérieur pour se raccorder correctement à l’isolant, à l’enduit ou au bardage. On privilégie souvent des seuils plus larges, intégrant éventuellement des profils complémentaires pour gérer l’épaisseur de l’ITE.

En pose en tunnel, courante dans les constructions anciennes en pierre ou en brique, le dormant est centré dans l’épaisseur du mur. Le seuil PVC ou aluminium doit alors composer avec des appuis maçonnés parfois irréguliers et des différences de niveau marquées. Des profils spécifiques, avec lèvres d’appui élargies ou zones de calage renforcées, facilitent cette mise en œuvre. Enfin, en pose en feuillure, typique de certains bâtiments collectifs ou de maisons très traditionnelles, le seuil vient se loger dans une réservation maçonnée. Il faut alors veiller à ce que les hauteurs et largeurs de feuillure correspondent aux cotes du seuil, sous peine de devoir retailler ou rehausser de manière peu esthétique.

Largeur de passage utile et gabarit de confort

Au moment de choisir un seuil pour votre porte PVC, il ne faut pas perdre de vue un critère essentiel : la largeur de passage utile. Un seuil trop épais côté intérieur ou une succession de ressauts peut réduire sensiblement l’espace réellement franchissable, surtout si l’ouvrant ne s’ouvre pas à 180°. La réglementation accessibilité recommande une largeur de passage d’au moins 83 cm pour permettre le passage d’un fauteuil roulant, mais pour le confort de tous, viser un peu plus large lorsque c’est possible reste une bonne pratique.

Le « gabarit de confort » prend également en compte la hauteur de poignée, l’angle d’ouverture de la porte, la présence éventuelle d’un vantail tierce ou d’un fixe latéral. Un seuil bien dimensionné ne vient pas empiéter sur la zone de giration devant la porte et laisse suffisamment de place pour manœuvrer avec des sacs, une poussette ou un déambulateur. Dans un projet de rénovation, il est souvent utile de simuler ces circulations à l’aide d’un simple gabarit en carton aux dimensions d’un fauteuil ou d’une poussette. Ce test très concret évite de mauvaises surprises une fois la porte PVC et son seuil définitivement posés.

Adaptateurs d’épaisseur pour rénovation sur dormant existant

En rénovation, il n’est pas toujours possible ni souhaitable de déposer entièrement l’ancienne menuiserie. De nombreuses portes en PVC viennent alors se poser sur un dormant existant, en bois, en métal ou en PVC plus ancien. Cette configuration impose souvent de composer avec des hauteurs et des épaisseurs de seuil préexistantes. C’est là qu’interviennent les adaptateurs d’épaisseur, aussi appelés rehausses ou profils de compensation. Ils se clipsent ou se vissent sous le dormant bas de la nouvelle porte PVC et permettent d’ajuster finement la hauteur finale du seuil.

Ces adaptateurs jouent un double rôle : rattraper les différences de niveau et recréer une assise plane et continue pour le nouveau seuil. Ils facilitent également l’obtention d’une largeur de passage conforme, en évitant d’empiler les couches de matériaux improvisés (cales en bois, mortier, chutes de carrelage) qui vieillissent mal. En choisissant des adaptateurs prévus par le fabricant de la porte PVC, vous conservez la continuité des chambres d’isolation et la compatibilité avec les accessoires (bavettes, joints, capots). Vous gagnez ainsi en temps de pose, en fiabilité et en esthétique finale.

Critères de sélection selon l’exposition climatique et le DTU 36.5

Au terme de ce parcours, une évidence s’impose : le « bon » seuil pour une porte en PVC n’est jamais un choix isolé. Il dépend étroitement de l’exposition climatique du bâtiment et des règles de l’art fixées par le DTU 36.5. Façade nord balayée par les vents, maison en bord de mer, zone de montagne soumise au gel, lotissement urbain relativement abrité… chaque situation appelle une réponse spécifique. Un seuil plat encastré sera idéal pour une entrée protégée par un auvent, tandis qu’un seuil à rejingot avec bavette aluminium et drainage renforcé s’imposera sur une façade très exposée aux pluies battantes.

Le DTU 36.5 définit notamment les classes d’exposition à l’eau (de A*2 à A*4 et au-delà) et les dispositions constructives à mettre en œuvre pour y répondre : hauteurs minimales de rejingot, types de joints, relevés d’étanchéité, pentes de seuil. En vous appuyant sur ces références, mais aussi sur l’expérience de votre menuisier ou de votre maître d’œuvre, vous pouvez arbitrer entre les différentes options de seuils pour porte PVC : plat encastré, à rupture de pont thermique, en aluminium anodisé, en PVC monobloc, avec ou sans rejingot maçonné. L’enjeu n’est pas seulement de respecter une norme, mais d’obtenir une entrée durablement confortable, silencieuse et sûre.

En pratique, une bonne démarche consiste à lister quelques critères concrets avant de trancher : orientation de la porte, présence ou non d’un auvent, niveau de trafic, besoins d’accessibilité, type de sol intérieur et extérieur, contraintes de rénovation. À partir de là, vous pouvez confronter les solutions proposées aux exigences du DTU et aux recommandations des fabricants. Ce travail préparatoire, réalisé en amont de la commande, évite les compromis de dernière minute sur chantier et vous garantit un seuil de porte en PVC réellement adapté à votre maison et à votre manière de vivre.