# Vitrage feuilleté ou trempé : quelle solution privilégier pour renforcer la sécurité de vos ouvertures ?
La sécurité des bâtiments résidentiels et commerciaux repose en grande partie sur la qualité de leurs ouvertures vitrées. Face à l’augmentation constante des tentatives d’effraction et des accidents domestiques, le choix d’un vitrage adapté devient une décision stratégique majeure. Les verres feuilletés et trempés représentent aujourd’hui les deux principales solutions de sécurisation disponibles sur le marché, chacune offrant des propriétés distinctes en matière de résistance aux chocs, de protection des personnes et de dissuasion contre les intrusions. Comprendre les différences fondamentales entre ces deux technologies permet de sélectionner la solution la mieux adaptée à votre projet, qu’il s’agisse d’une construction neuve ou d’une rénovation.
Les statistiques récentes démontrent que près de 65% des cambriolages s’effectuent par les ouvertures vitrées, principalement les fenêtres et baies vitrées en rez-de-chaussée. Cette réalité souligne l’importance cruciale d’investir dans des solutions de vitrage performantes, capables non seulement de retarder les intrusions, mais également de protéger les occupants en cas de bris accidentel. Le marché européen du vitrage de sécurité connaît d’ailleurs une croissance annuelle de 7,2%, reflétant une prise de conscience collective sur ces enjeux de protection.
## Composition structurelle et procédés de fabrication du verre feuilleté et du verre trempé
La compréhension des procédés de fabrication permet d’appréhender les performances distinctes de ces deux types de vitrages. Le verre feuilleté et le verre trempé résultent de techniques de transformation radicalement différentes, qui confèrent à chaque produit des caractéristiques mécaniques et sécuritaires spécifiques. Ces différences fondamentales déterminent leurs applications recommandées et leur comportement en situation réelle d’utilisation.
### Assemblage par intercalaire PVB et résine pour le vitrage feuilleté
Le vitrage feuilleté se compose de deux ou plusieurs feuilles de verre plat assemblées par un ou plusieurs films intercalaires en polybutyral de vinyle (PVB). Ce matériau polymère transparent possède des propriétés viscoélastiques exceptionnelles qui lui permettent d’absorber l’énergie des chocs tout en maintenant les fragments de verre solidaires en cas de bris. Le processus d’assemblage s’effectue sous haute pression et à température contrôlée dans un autoclave, garantissant une adhésion parfaite entre les couches de verre et l’intercalaire.
Les fabricants proposent aujourd’hui des intercalaires de nouvelle génération, comme l’EVA (éthylène-acétate de vinyle) ou le SGP (SentryGlas Plus), offrant des performances mécaniques supérieures au PVB traditionnel. L’épaisseur de l’intercalaire varie généralement entre 0,38 mm et 1,52 mm selon le niveau de protection recherché. Pour les applications à haute sécurité, plusieurs intercalaires peuvent être superposés, créant ainsi des vitrages feuilletés multicouches capables de résister à des impacts extrêmes.
### Traitement thermique et trempe à 650°C pour le verre sécurit
Le verre trempé, également désigné sous l’appellation verre sécurit, subit un traitement thermique qui modifie profondément sa structure interne. Le processus commence par le chauffage du verre plat à une température comprise entre 620°C et 680°C, le portant ainsi au-delà de son point de ramollissement. Cette étape est suivie d’un ref
roidissement brutal par de puissants jets d’air. Ce trempe thermique crée des contraintes de compression en surface et de traction au cœur du verre, multipliant ainsi par 4 à 5 sa résistance mécanique par rapport à un verre recuit classique.
Ce traitement confère également au verre trempé une excellente résistance aux chocs thermiques, avec des écarts de température admissibles pouvant atteindre 200°C. En revanche, une fois la trempe réalisée, le verre ne peut plus être recoupé ni façonné : toute tentative d’usinage entraîne sa rupture immédiate. Il est donc indispensable de définir précisément les dimensions, perçages et encoches avant l’étape de trempe, ce qui implique une bonne anticipation lors de la conception de vos menuiseries.
À noter qu’il existe aussi un procédé de trempe chimique, plus coûteux et utilisé pour des applications très spécifiques (hublots aéronautiques, instrumentation), qui renforce encore davantage la surface du verre par échange ionique dans un bain de sels fondus.
### Normes EN 12543 et EN 12150 régissant la production des vitrages de sécurité
La fabrication des vitrages de sécurité en Europe est strictement encadrée par des normes harmonisées visant à garantir un niveau de qualité et de fiabilité constant. Pour le verre feuilleté, la série de normes EN 12543 définit les exigences relatives à la constitution, à la durabilité des intercalaires et aux méthodes d’essai (résistance à l’humidité, au rayonnement UV, à la température).
Le verre trempé, quant à lui, est régi par la norme EN 12150 qui spécifie les critères de planéité, de fragmentation, de résistance mécanique minimale et les tolérances dimensionnelles. Un vitrage conforme EN 12150 doit notamment présenter un mode de rupture caractéristique et un nombre minimum de fragments dans une zone donnée lors des essais.
Pour vous, maître d’ouvrage ou gestionnaire de patrimoine, vérifier la conformité aux normes EN 12543 et EN 12150 sur les fiches techniques ou les marquages sérigraphiés est un réflexe essentiel. Ces références constituent une véritable « carte d’identité » du vitrage de sécurité et conditionnent souvent l’acceptation des travaux par les bureaux de contrôle et les assurances.
### Épaisseurs disponibles et configurations multi-feuilles pour applications spécifiques
Les verres feuilletés et trempés sont proposés dans un large éventail d’épaisseurs pour répondre aux contraintes structurelles, aux dimensions des ouvrants et au niveau de sécurité attendu. Le verre trempé simple est généralement disponible de 4 mm à 15 mm, tandis que les vitrages feuilletés courants vont de 6,8 mm (33.2) à plus de 20,8 mm (1010.2), en combinant différentes épaisseurs de feuilles et de films PVB.
Pour des applications spécifiques comme les planchers de verre, les verrières de grande portée ou les façades rideaux, des configurations multi-feuilles (triples ou quadruples) sont mises en œuvre, parfois en associant verre trempé et verre feuilleté dans un même assemblage. Ces combinaisons permettent d’atteindre des classes de résistance élevées (P6B à P8B selon EN 356) tout en maîtrisant le poids et la flèche sous charge.
En pratique, une baie vitrée de maison individuelle en zone à risque moyen sera souvent équipée d’un double vitrage avec feuilleté 44.2 côté intérieur, alors qu’une vitrine bancaire ou de joaillerie exigera des épaisseurs cumulées bien supérieures, pouvant dépasser 30 ou 40 mm. D’où l’intérêt de vous faire accompagner par un vitrier expérimenté pour dimensionner correctement votre vitrage de sécurité.
Résistance aux chocs et comportement à la rupture des deux types de vitrage
Au-delà de leur composition, c’est le comportement en cas d’impact et de rupture qui distingue fondamentalement le vitrage feuilleté du vitrage trempé. Cette différence conditionne directement le niveau de protection des personnes, la résistance aux effractions et la capacité du vitrage à rester en place après un choc violent.
### Fragmentation en petits cubes non coupants du verre trempé selon la norme EN 12600
La norme EN 12600 définit les méthodes d’essai de résistance aux chocs et de mode de rupture des vitrages de sécurité. Dans le cas du verre trempé, l’un des critères clés est sa fragmentation contrôlée : lorsqu’il casse, le panneau se désagrège en une multitude de petits morceaux de forme plutôt cubique, peu coupants.
Ce comportement réduit considérablement le risque de blessures graves par coupure, contrairement à un verre recuit qui se brise en grands éclats acérés. C’est la raison pour laquelle le verre trempé est plébiscité pour les parois de douche, les portes intérieures toute hauteur ou les garde-corps intérieurs non accessibles au public, où la sécurité des personnes est prioritaire mais où l’anti-effraction n’est pas l’objectif principal.
En revanche, cette fragmentation instantanée signifie qu’en cas de choc important ou de défaut localisé sur la tranche, le vitrage perd toute sa tenue mécanique en une fraction de seconde. La baie se retrouve totalement ouverte, ce qui n’est pas acceptable pour des zones sensibles comme les rez-de-chaussée exposés ou les vitrines commerciales.
### Maintien en place de l’intercalaire et cohésion post-impact du feuilleté
Le verre feuilleté offre un comportement radicalement différent lors de la rupture. Sous l’effet d’un choc, une ou plusieurs feuilles de verre peuvent fissurer ou se briser, mais les fragments restent intimement collés à l’intercalaire PVB ou EVA. Le vitrage demeure globalement en place dans son châssis, conservant une barrière physique et limitant les risques de chute ou de passage.
On peut comparer le verre feuilleté à un pare-brise automobile : même fissuré, il continue d’assurer une fonction de protection temporaire. Ce maintien structurel est essentiel pour les applications telles que les garde-corps, les allèges basses ou les verrières, où une chute de personne ou d’objet pourrait avoir des conséquences dramatiques.
Pour vous, cela signifie qu’après un impact accidentel (jet de projectile, choc de mobilier, heurt de personne), un vitrage feuilleté endommagé laisse généralement le temps d’organiser un remplacement dans de bonnes conditions, sans urgence absolue et sans exposition immédiate aux intempéries ou aux intrusions.
### Tests de résistance à la bille d’acier et classification anti-effraction
La performance des vitrages de sécurité face aux impacts est évaluée par la norme EN 356, qui classe les vitrages de P1A à P8B en fonction de leur résistance à des chutes répétées d’une bille d’acier ou à des coups portés avec des outils. Pour les classes P1A à P5A, l’essai consiste à laisser tomber une bille de 4,11 kg depuis différentes hauteurs sur le vitrage, simulant par exemple un jet de pierre.
Les classes supérieures (P6B, P7B, P8B) reproduisent, elles, des tentatives d’effraction avec masse, hache ou pied-de-biche, en comptabilisant le nombre de coups nécessaires pour créer une ouverture suffisante. Les vitrages feuilletés multicouches, parfois associés à des verres trempés, sont les seuls à atteindre ces niveaux de résistance élevés.
Concrètement, un vitrage feuilleté 44.2 est généralement classé P2A, tandis qu’un SP10 (44.6) atteint la classe P5A. Pour des sites plus sensibles (bijouteries, commerces de centre-ville, bâtiments recevant du public), on recommandera des vitrages au moins P6B, nécessitant de très nombreux coups pour être perforés. Le verre trempé seul, lui, n’offre pas de classement significatif en EN 356, car il se fragmente rapidement après quelques impacts concentrés.
### Performance face aux tentatives d’intrusion et protection anti-vandalisme
Dans un contexte de sécurité résidentielle ou commerciale, la question clé est simple : combien de temps le vitrage retardera-t-il une intrusion ? Les études menées par les assureurs montrent que la majorité des cambrioleurs abandonnent au-delà de 3 à 5 minutes de tentative infructueuse. C’est précisément là que le vitrage feuilleté retardateur d’effraction prend tout son sens.
Grâce à la cohésion de ses intercalaires, le feuilleté se fissure mais ne cède pas immédiatement, obligeant l’intrus à multiplier les coups et à déployer des efforts bruyants et visibles. À l’inverse, un verre trempé, pourtant très résistant aux chocs dispersés, peut céder d’un seul coup bien placé accompagné d’une contrainte sur les bords.
Pour un rez-de-chaussée urbain, une maison isolée ou un local professionnel en zone exposée, privilégier un vitrage feuilleté (voire feuilleté + trempé) est donc un investissement décisif pour la protection de vos biens et de vos proches. Le verre trempé gardera toute sa pertinence pour les zones peu sensibles ou pour des usages principalement orientés vers la sécurité des personnes, comme les cloisons intérieures.
Protection acoustique et thermique différenciée entre feuilleté et trempé
Au-delà de la sécurité, le choix entre vitrage feuilleté et vitrage trempé influence aussi le confort quotidien de votre logement ou de vos locaux : niveau de bruit, déperditions énergétiques, surchauffe estivale… Ces paramètres, souvent sous-estimés, peuvent pourtant peser lourd dans votre satisfaction à long terme.
### Coefficient d’affaiblissement acoustique Rw du vitrage feuilleté phonique
Le vitrage feuilleté, surtout lorsqu’il intègre un PVB acoustique, offre d’excellentes performances en matière d’isolation phonique. Le film intercalaire agit comme un amortisseur viscoélastique, dissipant une partie de l’énergie vibratoire et réduisant la transmission du bruit à travers le vitrage. Les performances sont généralement exprimées par le coefficient Rw, en décibels (dB).
Un vitrage feuilleté standard 44.2 affiche typiquement un Rw d’environ 35 à 37 dB, tandis qu’une version acoustique spécifique peut atteindre 40 à 41 dB. En pratique, un gain de 3 dB correspond à une division par deux de la perception sonore, ce qui est loin d’être négligeable si votre habitation est située près d’un axe routier, d’une voie ferrée ou en centre-ville animé.
Le verre trempé simple, de par sa structure homogène, n’apporte pas d’amélioration significative de l’affaiblissement acoustique par rapport à un verre recuit de même épaisseur. Pour optimiser l’isolation phonique de vos ouvertures, le recours à un double vitrage feuilleté acoustique sera donc bien plus pertinent qu’un simple vitrage trempé, même très résistant.
### Transmission thermique Ug et absence d’isolation renforcée du verre trempé
Sur le plan thermique, ni le verre feuilleté ni le verre trempé, pris isolément, n’offrent une isolation supérieure à celle d’un verre simple classique. Leur coefficient Ug (transmission thermique du vitrage seul) reste de l’ordre de 5,8 W/m².K pour un simple vitrage clair. C’est la combinaison en double ou triple vitrage, avec lame d’air ou de gaz argon et couches faible émissivité (low-e), qui permet de descendre aujourd’hui en dessous de 1,1 W/m².K, voire 0,6 W/m².K pour les vitrages les plus performants.
La différence se joue toutefois sur la polyvalence du vitrage feuilleté : celui-ci peut facilement être intégré dans un double vitrage de sécurité à isolation thermique renforcée, en position intérieure ou extérieure, tout en conservant ses propriétés de maintien en cas de casse. Le verre trempé, lui, sera plutôt utilisé en complément (par exemple en face extérieure exposée aux chocs thermiques), mais sans valeur ajoutée spécifique sur l’isolation.
En résumé, si votre objectif est à la fois de sécuriser et de réduire vos factures de chauffage, le choix naturel se portera sur un double vitrage feuilleté avec couche low-e, plutôt que sur un simple vitrage trempé, même très résistant.
### Compatibilité avec les doubles vitrages à contrôle solaire et low-e
Les deux technologies, feuilleté et trempé, peuvent être combinées avec des revêtements de contrôle solaire ou des couches à faible émissivité déposées par pyrolyse ou cathodique (magnetron). Ces couches, quasi invisibles, permettent de limiter les apports solaires indésirables en été ou de conserver la chaleur à l’intérieur en hiver.
Dans un usage résidentiel, on privilégiera souvent un double vitrage composé d’une feuille extérieure avec couche de contrôle solaire et d’une feuille intérieure feuilletée de sécurité. Pour les façades tertiaires de grande dimension, les verrières ou les toitures vitrées, on peut associer verre trempé + couche solaire en extérieur (pour supporter les chocs thermiques) et verre feuilleté en intérieur pour la sécurité des personnes.
Vous l’aurez compris : la vraie question n’est pas seulement « verre feuilleté ou trempé ? », mais plutôt « quelle combinaison de vitrages répond le mieux à vos besoins de sécurité, de confort thermique et acoustique, et de maîtrise des apports solaires ? ».
Applications recommandées selon les zones à risque et réglementations en vigueur
La réglementation française et européenne encadre strictement l’utilisation des vitrages de sécurité selon leur position, leur hauteur par rapport au sol et le type de bâtiment. Le choix entre vitrage feuilleté et vitrage trempé ne peut donc pas se faire uniquement sur des critères de coût : il doit intégrer les exigences normatives et les attentes des assureurs.
### Vitrages de toiture et verrières soumis à la norme DTU 39 P3
Les vitrages en toiture, verrières, lanterneaux ou marquises sont particulièrement sensibles, car une casse non maîtrisée peut entraîner la chute de fragments de verre sur les occupants. Le DTU 39 P3 et les avis techniques associés imposent, dans de nombreux cas, l’utilisation de vitrages feuilletés de sécurité, au minimum côté intérieur.
En pratique, les configurations courantes pour une verrière de toit associent un verre trempé en face extérieure (pour résister aux chocs thermiques et à la grêle) et un verre feuilleté en face intérieure, garantissant le maintien des fragments en cas de bris. Selon la pente, la hauteur et l’accessibilité, le niveau de sécurité peut être renforcé par des combinaisons multicouches.
Si vous envisagez une verrière au-dessus d’un escalier, d’une mezzanine ou d’une zone de passage, il est essentiel de vérifier avec votre bureau d’étude ou votre vitrier que la solution retenue est bien conforme au DTU en vigueur et aux prescriptions du fabricant de menuiserie aluminium ou acier.
### Baies vitrées en rez-de-chaussée et protection contre l’effraction résidentielle
Les baies vitrées en rez-de-chaussée constituent la principale voie d’intrusion lors des cambriolages. Dans ce contexte, le vitrage feuilleté de sécurité s’impose comme la solution de référence. La plupart des fabricants de fenêtres PVC, bois ou aluminium proposent aujourd’hui des double vitrages avec verre feuilleté 44.2 en standard pour les ouvertures accessibles.
En zones particulièrement exposées (pavillons isolés, résidences secondaires peu occupées, zones urbaines sensibles), il est judicieux de monter en gamme vers des vitrages retardateurs d’effraction de type SP10 (44.6) ou supérieurs. Ces vitrages, classés P5A ou plus, retardent de manière significative les tentatives d’effraction, surtout s’ils sont associés à des ferrures de sécurité, des poignées verrouillables et des volets performants.
Le verre trempé seul n’est pas recommandé pour les baies en rez-de-chaussée à vocation anti-effraction, car sa rupture instantanée ouvre largement le passage. Il reste toutefois pertinent en complément pour des raisons de résistance mécanique, par exemple sur de grands coulissants ou des châssis très exposés aux chocs accidentels.
### Vitrines commerciales et exigences des assurances en matière de classe de résistance
Pour les vitrines commerciales, les compagnies d’assurance imposent souvent un niveau minimum de résistance conforme à la norme EN 356, notamment pour les commerces sensibles (bijouteries, opticiens, pharmacies, téléphonie, etc.). Selon la valeur des biens exposés et la zone géographique, un vitrage P5A, P6B ou supérieur pourra être exigé pour bénéficier d’une couverture optimale.
Ces vitrages sont presque toujours des verres feuilletés multicouches, parfois combinés à des verres trempés pour accroître la résistance aux chocs et limiter la flèche sur de grandes dimensions. Les épaisseurs cumulées importantes nécessitent une étude précise des menuiseries et des supports pour éviter les déformations et garantir la pérennité de l’installation.
Si vous êtes commerçant, n’hésitez pas à demander à votre assureur un cahier des charges précis (classe EN 356, hauteur, surface maximale par panneau). Vous pourrez ensuite le transmettre à votre vitrier ou à votre façadier pour qu’il dimensionne un vitrage conforme, vous évitant toute mauvaise surprise en cas de sinistre.
### Allèges et garde-corps vitrés conformes à la réglementation P4A ou P5A
Les garde-corps vitrés, allèges basses et parois à proximité immédiate des zones de circulation représentent un enjeu majeur de sécurité des personnes. La réglementation française (notamment l’arrêté du 1er août 2006 relatif à la sécurité dans les bâtiments d’habitation) impose le recours à des vitrages de sécurité feuilletés, souvent complétés par des exigences de résistance aux chocs de niveau P4A ou P5A.
Un garde-corps en verre feuilleté doit être conçu pour empêcher la chute d’une personne, même en cas de bris d’une des feuilles. C’est pourquoi on utilise fréquemment des verres feuilletés trempés (deux verres trempés assemblés par PVB), combinant résistance mécanique maximale et maintien en place des fragments.
Le recours au seul verre trempé, même très épais, est désormais proscrit pour les garde-corps accessibles au public, précisément à cause de sa fragmentation totale en cas de casse. Pour sécuriser un balcon, une loggia ou une terrasse, le verre feuilleté de sécurité est donc incontournable, en respectant scrupuleusement les recommandations des fabricants de systèmes de garde-corps.
Critères de sélection technique et analyse coût-bénéfice pour votre projet
Face à la diversité des solutions verrières, comment arbitrer entre vitrage feuilleté, trempé ou combiné ? Pour prendre une décision éclairée, il est utile d’adopter une approche rationnelle, en croisant analyse du risque, contraintes techniques et budget disponible.
### Évaluation du niveau de risque selon l’environnement urbain ou isolé
La première étape consiste à évaluer le niveau de risque propre à votre bâtiment. Êtes-vous situé en centre-ville animé, en lotissement pavillonnaire, en zone industrielle isolée ou en milieu rural ? Les statistiques de la gendarmerie montrent que le taux de cambriolage peut varier du simple au triple selon les secteurs.
En milieu urbain dense, le risque d’effraction opportuniste est élevé mais les intrus recherchent la rapidité : un vitrage feuilleté retardateur d’effraction sera déjà très dissuasif. En zone isolée ou pour des locaux abritant des biens de forte valeur (œuvres d’art, matériel informatique, stock sensible), monter en gamme vers des vitrages de classe P6B à P8B peut se justifier malgré un surcoût non négligeable.
Prenez aussi en compte la configuration des lieux : un rez-de-chaussée sur rue est plus exposé qu’un 3e étage, une façade arrière invisible des voisins est plus vulnérable qu’une baie donnant directement sur la rue. Ce diagnostic de risque, réalisé avec votre vitrier ou votre assureur, orientera naturellement le choix entre verre feuilleté standard, anti-effraction renforcé ou combinaison feuilleté/trempé.
### Durée de vie et garanties fabricant pour Saint-Gobain, AGC ou Guardian
Les grands verriers internationaux comme Saint-Gobain, AGC ou Guardian proposent des gammes complètes de vitrages de sécurité, assorties de garanties pouvant aller jusqu’à 10 ans pour les doubles vitrages isolants. La durée de vie d’un vitrage feuilleté ou trempé correctement posé dépasse largement cette échéance, à condition que les bords soient protégés et que les règles d’installation (calages, jeux de dilatation, drainage) soient respectées.
Les intercalaires PVB modernes présentent une excellente stabilité dans le temps, même en façade exposée, à condition de ne pas être soumis directement à l’eau stagnante ou aux UV sur la tranche. Les traitements de trempe, de leur côté, n’altèrent pas la durabilité du verre, qui reste insensible à la corrosion dans des conditions normales d’utilisation.
Lors de la consultation des devis, n’hésitez pas à demander la référence exacte du vitrage (nom commercial, composition, certification CE) et les garanties associées. Un vitrage issu d’une gamme professionnelle reconnue, posé par une entreprise labellisée, est un gage de tranquillité sur le long terme, bien plus qu’un produit d’origine incertaine à bas coût.
### Coût au mètre carré et installation par un professionnel certifié Qualibat
Sur le plan financier, le vitrage trempé reste en général plus économique qu’un vitrage feuilleté de même épaisseur, en particulier pour de petites surfaces. Toutefois, dès lors que l’on raisonne en coût global (incluant la sécurité, la durabilité et les éventuels dommages en cas d’effraction), le vitrage feuilleté s’avère souvent plus rentable.
À titre indicatif, un vitrage feuilleté 44.2 peut coûter 20 à 40 % plus cher qu’un verre trempé 8 mm, mais il évitera potentiellement un cambriolage ou des blessures graves. Les vitrages anti-effraction de classes supérieures (SP10, P6B à P8B) représentent un investissement plus conséquent, à réserver aux zones réellement à risque ou aux activités professionnelles sensibles.
Quelle que soit la solution retenue, la pose par un professionnel certifié Qualibat ou équivalent est indispensable. Une mauvaise mise en œuvre (calage insuffisant, serrage excessif, absence de jeu périphérique) peut annuler les bénéfices du vitrage de sécurité, voire provoquer des ruptures spontanées. Ne sous-estimez pas cet aspect : un vitrage très performant mal posé reste un point faible de votre enveloppe de bâtiment.
Combinaisons avancées et solutions hybrides pour sécurité maximale
Dans de nombreux projets, la réponse optimale ne réside pas dans le choix exclusif du vitrage feuilleté ou du vitrage trempé, mais dans des solutions hybrides associant leurs atouts respectifs. Ces combinaisons, de plus en plus répandues dans le résidentiel haut de gamme comme dans le tertiaire, permettent d’atteindre des niveaux de sécurité exceptionnels sans sacrifier l’esthétique ni le confort.
### Vitrage feuilleté trempé associant résistance mécanique et maintien structural
Le vitrage feuilleté trempé est constitué de deux (ou plusieurs) verres trempés assemblés par un ou plusieurs films PVB. Il combine ainsi la résistance mécanique et thermique du verre trempé (idéal pour les grandes dimensions et les contraintes de chocs) avec le maintien en place caractéristique du verre feuilleté en cas de bris.
Ce type de produit est particulièrement indiqué pour les grandes façades vitrées, les garde-corps toute hauteur, les planchers de verre, ou encore les vitrages en toiture dans les Établissements Recevant du Public (ERP). En cas de choc extrême, chaque feuille trempée se fragmentera en petits morceaux, mais ceux-ci resteront solidaires de l’intercalaire, évitant la chute de débris et la création d’une ouverture béante.
En optant pour un vitrage feuilleté trempé, vous maximisez la sécurité des personnes tout en bénéficiant d’une grande souplesse architecturale (portées importantes, transparence maximale, finesse des profilés). C’est une solution à privilégier dès que les enjeux de sécurité sont élevés et que l’esthétique contemporaine en verre est recherchée.
### Systèmes de vitrage retardateur d’effraction certifiés EN 356 classe P6B à P8B
Pour les sites exposés à des risques d’effraction ciblée ou de vandalisme répété, les fabricants proposent des systèmes de vitrages retardateurs d’effraction de classes P6B, P7B ou P8B. Ces vitrages sont composés de plusieurs feuilles de verre (trempées ou recuites) alternées avec des intercalaires PVB ou SGP, formant un « sandwich » extrêmement difficile à perforer.
Lors des essais normalisés, il faut parfois plusieurs dizaines de coups de masse ou de hache pour créer une ouverture franchissable, ce qui rend l’intrusion très longue, bruyante et risquée pour l’agresseur. Ces solutions sont souvent prescrites pour les banques, les bijouteries, les bâtiments administratifs sensibles ou les locaux techniques stratégiques (datacenters, postes électriques).
Pour un particulier, recourir à un vitrage P6B ou plus n’est pas systématiquement nécessaire, mais peut être envisagé pour une résidence de grand standing, une maison isolée contenant des œuvres d’art ou un local professionnel en rez-de-chaussée très exposé. L’important est toujours d’ajuster la classe de résistance EN 356 au niveau de risque réel, en concertation avec votre assureur et votre installateur.
### Intégration de films de sécurité 3M ou solutions pare-balles pour sites sensibles
Enfin, dans certains cas particuliers, il est possible de renforcer encore des vitrages existants par l’ajout de films de sécurité auto-adhésifs, tels que ceux proposés par 3M ou d’autres fabricants spécialisés. Ces films transparents, appliqués en face intérieure, améliorent la cohésion du vitrage en cas de bris et peuvent lui conférer des performances proches d’un feuilleté léger.
Cette solution est intéressante en rénovation, lorsqu’il est difficile de remplacer entièrement les vitrages, ou pour des bâtiments classés où l’on souhaite conserver les menuiseries d’origine. Attention cependant : tous les films ne se valent pas, et seuls ceux certifiés selon les normes en vigueur (EN 12600, EN 356) offrent un véritable gain de sécurité.
Pour les sites à très haut risque (ambassades, sites militaires, bâtiments gouvernementaux, salles des coffres), on aura recours à des vitrages pare-balles ou pare-explosion, composés de multiples couches de verre et de polycarbonate, étudiés pour stopper des projectiles de différents calibres. Ces vitrages, extrêmement techniques et lourds, constituent une catégorie à part, mais reposent sur le même principe fondamental que le vitrage feuilleté : la stratification de couches pour absorber et dissiper l’énergie des impacts.